L’UNOC3 rehausse la couverture médiatique des enjeux environnementaux à un niveau inédit depuis 2 ans
Communiqué de presse : À l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC3), l’information environnementale dans les médias audiovisuels français a atteint un niveau inédit depuis avril 2023 : la part des contenus d’information dédiés aux crises environnementales depuis début juin 2025 atteint 6,8 %, en hausse de 83 % par rapport à la moyenne annuelle de 2024 (3,7 %). Une hausse notamment liée à une augmentation de la couverture des enjeux biodiversité (3,6% de temps d’antenne en juin 2025).

Enseignements-clés
6,8% en juin 2025 de contenus d’information dédiés aux trois crises environnementales, en hausse de 83% par rapport à la moyenne annuelle de 2024 (3,7%).
Un traitement médiatique de l’UNOC3 supérieur aux COP 29 (5,1%) et COP 28 (5,8%)
- Un traitement médiatique global des sujets océans 13,1 fois plus important du 9 au 15 juin par rapport à la moyenne janvier-mai 2025
- 2,7 fois plus de sujets océans traités par les médias publics que par les médias privés depuis début 2025
- RFI est le média audiovisuel ayant le plus abordé les sujets océans. LCI est celui les ayant le moins traité
- Pêche et aires marines protégées constituent l’angle médiatique privilégié parmi les sujets océans depuis le début de l’année
L’UNOC3 parvient à inverser la tendance médiatique baissière
L’UNOC3 s’inscrit dans un contexte de baisse de la couverture médiatique des enjeux environnementaux, et de backlash normatif grandissant. En 2024, la part d’antenne dédiée aux enjeux environnementaux n’était que de 3,7% dans les programmes d’informations audiovisuels français (-30% par rapport à 2023).
À l’image de la crise de la biodiversité, trois fois moins traitée que celle du changement climatique, le faible traitement médiatique des océans contraste avec les enjeux vitaux qu’ils recoupent : climat, biodiversité, eau, alimentation, santé.
Par rapport au terme climat, terme le plus employé pour aborder les crises environnementales dans les programmes d’information audiovisuels, le nombre d’occurrences du terme “océan” depuis avril 2023 est trois fois moins important (7 282 mentions contre 22 482).
L’OMÉ a déjà mis en évidence le rôle des événements politiques et diplomatiques (crise agricole, COP) sur la mise à l’agenda médiatique des enjeux environnementaux.
L’analyse menée sur l’UNOC3 en est une nouvelle confirmation : la tenue de l’UNOC3 a permis un traitement médiatique supérieur à celui des deux dernières COP 29 (5,1%) et COP 28 (5,8%).
Le traitement médiatique des crises environnementales atteint ainsi 6,8% de temps d’antenne dans les programmes d’information audiovisuels en juin 2025, en hausse de 83% par rapport à la moyenne annuelle de 2024.
Une couverture en forte hausse à l’approche du Sommet
Note technique : CNews et Europe 1 ont été exclus de l’analyse en raison d’une absence de données audiovisuelles à partir de mai 2025. Ces résultats sont désormais corrigés et peuvent être retrouvés sur le site de l’Observatoire.
Depuis janvier, deux événements sont parvenus à infléchir la couverture médiatique du sujet océans : le sommet préparatoire à l’UNOC3 “SOS Océans” à Paris le 31 mars, et le projet d’extraction minière des grands fonds marins porté par Donald Trump, fin avril.
Tous les médias ne traitent pas ces sujets uniformément : les médias publics en ont parlé en moyenne 2,7 fois plus que les médias privés.
Les radios ont davantage traité ces sujets que les chaînes de télévision (1,4 fois plus). Les médias généralistes en ont parlé 1,7 fois plus que les chaînes d’information en continu.
Par rapport au début de l’année, le traitement médiatique des enjeux liés aux océans a été renforcé à l’approche du Sommet :
- Du 2 au 8 juin, un traitement 7,1 fois plus important par rapport à la moyenne janvier-mai 2025
- Chaînes publiques : 6,9 fois plus – chaînes privées : 7,8 fois plus
- Chaînes publiques vs chaînes privées : 3 fois plus sur la semaine
- Du 9 au 15 juin (semaine de l’UNOC3), un traitement 13,1 fois plus important par rapport à la moyenne janvier-mai 2025
- Chaînes publiques vs chaînes privées : 3,1 fois plus sur la semaine
- Chaînes publiques 12,9 fois plus – chaînes privées : 13,9 fois plus
Les chaînes privées voient la hausse de leur couverture médiatique des sujets océans depuis début juin être supérieure aux chaînes publiques. Cela s’explique par un traitement moindre depuis le début de l’année.
Plus forte couverture chez RFI, plus faible chez LCI
Que ce soit depuis le début de l’année ou à l’approche de l’UNOC, RFI est le média audiovisuel ayant le plus traité les sujets océans. LCI est le média l’ayant le moins traité. 10ème au classement, TF1 est le média audiovisuel privé ayant le plus couvert les sujets océans.
D’autres médias ont vu la couverture des sujets être priorisée depuis la fin du mois de mai. C’est notamment le cas de France 24 et France Culture, respectivement 5ème et 4ème depuis le début de l’année, sur le podium depuis fin mai – 2ème et 3ème. 11ème au classement depuis début 2025, RTL est la première chaîne privée en termes de couverture du sujet depuis fin mai.
Ce classement en termes de quantité d’information audiovisuelle ne doit pas masquer les efforts éditoriaux par plusieurs médias pour garantir une couverture spécifique du sujet à l’approche du Sommet, comme par exemple :
- France Inter a réalisé une journée spéciale le 3 juin “L’Océan peut-il nous sauver ?” ;
- Le 19.45 d’M6 du 9 juin a mis à la Une le Sommet en y accordant 25% de son journal (9 minutes sur 32) ;
- TF1 a diffusé une enquête de six minutes sur la protection des aires marines protégées françaises le 9 juin dans son JT du 20h ;
- France 2 a réalisé une émission le 10 juin en prime-time de près de 3h30 “Urgence Océan : un Sommet pour tout changer”, dont une interview présidentielle de 2h30.
Pêche et aires marines protégées au cœur du traitement médiatique
La question de la pêche et des aires marines protégées, au cœur des négociations, est l’angle médiatique le plus visible dans les sujets océans depuis le début de l’année. “Surpêche” (477 occurrences) et “aire marine protégée” (541) totalisent trois fois plus d’occurrences que “pollution plastique” (302), 30 fois plus qu’”acidification des océans” (34), 68 fois plus que “exploration minière” (15). Ces comparaisons illustrent un constat structurel : la trop faible spécificité du traitement médiatique relatif aux océans.
La pollution plastique constitue l’une des principales causes de la dégradation des écosystèmes. Pourtant, même additionnées avec les occurrences d’exploration minière et d’acidification des océans, autres causes majeures de dégradation, le nombre total ne parvient pas au niveau des occurrences de la surpêche.
Les possibilités de récits autour de la surpêche, facilitées par l’existence de groupes d’intérêts positionnés dans le débat public comme l’association Bloom, contribuent à une médiatisation renforcée des questions de pêches et d’aires marines protégées.
Plusieurs angles sont privilégiés dans les sujets pour aborder la pêche : international, économie, emploi, alimentation ou santé. L’angle international (38,8%) et économique (33,8%) totalisent plus des deux tiers des 543 séquences détectées depuis le début de l’année.
Lancé en novembre 2024, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OMÉ) analyse le traitement médiatique des enjeux environnementaux dans les programmes d’information audiovisuels. Il est coordonné par un consortium d’acteurs associatifs et privés (Data for Good, Éclaircies, Eleven strategy, Expertises Climat, Mediatree, Plus de climat dans les médias et QuotaClimat) et soutenu par l’Ademe et l’Arcom.
L’Observatoire des Médias sur l’Écologie est une opération soutenue par l’État dans le cadre du dispositif « Soutenir les alternatives vertes 2 » de France 2030, opéré par la Banque des territoires (Caisse des Dépôts).
Contacts presse
Expertises Climat
Célia Gautier,
celia.gautier@expertisesclimat.fr
+33 6 72 34 00 27
Plus de Climat dans les Médias
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bonjour@climatmedias.org
+33 6 14 65 09 40
QuotaClimat
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