Vague de chaleur de mai et désinformation climatique
Durant la vague de chaleur qui a traversé la France entre le 23 et le 30 mai, 62 cas de mésinformation climatique ont été détectés par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie, au sein des programmes d’information de 18 chaînes de radio et télévision nationales.
Près d’un cas de mésinformation sur deux a été énoncé par des invités politiques, sans contradiction, et plus d’un tiers par des journalistes ou chroniqueurs. Les chaînes les plus concernées sont CNews, Sud Radio et Europe 1. Analyse.
Des données complètes sur les cas de mésinformation détectés en France lors du premier semestre 2026 seront publiés à l’occasion du bilan semestriel de l’OMÉ.
Plus d’un cas détecté toutes les 20 minutes d’information sur le climat pour CNews, Sud Radio et Europe 1
Des cas ont été détectés sur 8 chaînes parmi les 18 médias du périmètre : toutes les chaînes d’information en continu sont concernées, regroupant 60 % des cas de la semaine, ainsi que 3 radios généralistes qui cumulent 40 % des cas de la semaine.
Ramené au temps d’antenne alloué aux sujets climatiques, 3 chaînes se dégagent avec plus d’un cas de mésinformation toutes les 20 minutes d’information sur le climat : CNews, SudRadio et Europe 1.
Les cas de mésinformation climatique identifiés se concentrent autour des narratifs suivants :
- “La vague de chaleur ne serait pas exceptionnelle et son lien avec le réchauffement climatique ne serait pas avéré”, remettant parfois en question les études scientifiques et l’intégrité de leurs auteurs.
- “La France ne pèse rien dans les émissions mondiales donc ses efforts sont inutiles”.
- “La climatisation n’a aucun impact négatif sur l’environnement et c’est une bonne solution d’adaptation”.
Les narratifs autour des solutions de la transition écologique refont également surface, notamment :
- “Les énergies renouvelables sont inefficaces en raison de leur intermittence.”
- “La voiture électrique pollue plus que la voiture thermique ou hybride.”
- “Les ZFE ne produisent aucun effet écologique notable.”
Pour plus d’information sur les narratifs de désinformation, nous vous invitons à consulter l’article détaillé de Science Feedback
Les invités politiques à l’origine de la majorité des cas
L’analyse des locuteurs ayant prononcé les cas de mésinformation climatique montre que les cas proviennent à :
- 45 % d’invités politiques
- 20 % de journalistes (parmi ces cas, 82 % proviennent de CNews et Europe1)
- 18 % de chroniqueurs
- 14 % d’invités (autres)
- 3 % de l’audience (e.g. auditeurs qui appellent la radio pour intervenir)
Il s’agit de fausses informations climatiques prononcées sans contradiction ni remise en contexte.
Cette répartition est similaire à celle constatée sur l’ensemble des cas de l’année 2025 à l’exception de la part de cas prononcés par des invités politiques en forte hausse sur la vague de chaleur du printemps 2026 : 24 % sur l’année 2025 vs 45 % sur la semaine de la première vague de chaleur.
Après les 45 % des cas prononcés par des invités politiques, sans aucune contradiction ou remise en contexte, viennent ensuite les journalistes et chroniqueurs qui cumulent 38% des cas à eux deux.
Cette tendance est particulièrement saillante dans certains médias comme CNews et Europe 1 qui cumulent 80 % des cas totaux prononcés par des membres de la rédaction (55 % et 25 % respectivement).
Analyses et données produites par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie.
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